SANS COMPAGNON. SANS OXYGÈNE. SANS FILET DE SÉCURITÉ.
Le 20 août 1980, Reinhold Messner se tenait seul au sommet de l’Everest. Aucun compagnon d’ascension. Aucun oxygène supplémentaire. Personne à qui demander de l’aide, personne pour décider de continuer ou de rebrousser chemin. Un homme, seul, à 8 849 mètres d’altitude.
Le ciel était noir au-dessus de lui, même à midi. Le froid, glacial. Son corps, déjà épuisé par des jours passés en haute altitude, ne tenait qu’à ses dernières forces.
« Il écrivit plus tard qu’aux alentours du sommet, il avait senti une “présence” marcher à ses côtés, un compagnon invisible. Les alpinistes connaissent cette sensation. Elle a un nom : le Troisième Homme. »
À 15 h, il atteignit le sommet. Pas de drapeaux, pas de fanfare. Il se photographia avec le retardateur, peinant à manipuler l’appareil avec ses doigts gelés. Quelques minutes plus tard, il fit demi-tour et redescendit seul – dans l’obscurité, dans la tempête.
Ce jour de 1980 n’a pas seulement établi un record. Il a repoussé les limites du corps humain et révélé la puissance infinie de la volonté.
