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L’image d’un « dinosaure au sommet de l’Everest » peut faire sourire sur Instagram. Après tout, le décalage amuse, l’absurde attire l’œil. Mais derrière ce vernis humoristique se cache une réalité bien plus préoccupante. Ce type de mise en scène n’est pas anodin : il révèle un rapport de plus en plus vide et irrespectueux à la montagne.
La montagne n’est pas un décor
Pour une partie des influenceurs, la montagne est devenue un simple arrière-plan spectaculaire. Un décor extrême, interchangeable, destiné à produire du contenu viral. L’Everest, dans cette logique, n’est plus une montagne : c’est un accessoire.
Or, pour les Népalais — et en particulier pour les Sherpas — le Sagarmatha, aussi appelé Chomolungma, est une montagne sacrée. Elle est considérée comme la demeure des divinités. S’y comporter n’importe comment pour provoquer ou faire rire revient à se déguiser volontairement dans un lieu de culte afin de faire des vues. Le problème n’est pas l’humour, mais l’absence totale de considération pour le lieu et sa culture.
Dérision ou liberté mal comprise ?
On entend souvent l’argument : « on a le droit de rire de tout ». C’est vrai.
Mais une autre question se pose : faut-il rire de tout, partout, sans aucun effort de compréhension du contexte ?
Se déguiser en dinosaure sur un sommet :
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n’apporte aucune valeur culturelle,
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ne transmet aucun message d’aventure,
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ne rend hommage ni à la montagne ni à ceux qui y vivent.
Cela ne sert qu’une chose : l’ego et l’algorithme.
Sommes-nous devenus débiles?
Il faut parfois appeler les choses par leur nom.
Arriver d’Occident, consommer une montagne sacrée, imposer ses codes (humour, spectacle, mise en scène), repartir avec des likes… tout en laissant derrière soi les conséquences humaines et environnementales : cela ressemble fortement à une appropriation irrespectueuse.
Pendant que les Sherpas portent les charges, sécurisent les itinéraires, nettoient les camps et risquent leur vie, certains viennent faire le clown, capturer quelques images virales, puis repartir.
Le vrai problème n’est pas l’humour, mais le vide
Des alpinistes comme Reinhold Messner, Jerzy Kukuczka ou même Mike Horn savent plaisanter en montagne. La différence est fondamentale : ils ont une légitimité, une profondeur, une histoire à transmettre.
Le déguisement devient problématique lorsqu’il remplace le fond :
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pas de récit,
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pas de respect,
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pas de transmission,
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seulement du spectaculaire creux.
Ce que cela dit de notre époque
Ce type de contenu révèle une dérive inquiétante :
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l’Everest n’est plus un symbole,
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l’altitude n’est plus un engagement,
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le risque devient un simple décor.
Seule compte la mise en scène virale. Et pour la culture montagnarde, c’est une véritable régression.
Notre position, sans détour
La montagne mérite le silence, l’humilité et la compréhension. Pas des pitreries destinées à générer des vues.
Si tu veux provoquer, fais-le avec intelligence.
Si tu veux monter là-haut, fais-le avec respect.
Sinon, autant rester en studio, devant un fond vert.
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J’ai honte de ces touristes qui salissent ces endroits sa s respecter les locaux
En effet, c’est triste !
Quel crétin !!!
Quel crétin