Randonnée de 9 jours dans les Dolomites en automne

Randonnée de 9 jours dans les Dolomites en automne

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Description :

En octobre 2022, j’ai marché seul pendant neuf jours à travers les Dolomites italiennes, en suivant partiellement l’Alta Via 2. L’automne s’installait déjà en altitude : les refuges fermaient, les sentiers se vidaient, la neige apparaissait par surprise, et le silence devenait un compagnon permanent. Cette randonnée n’était pas seulement un itinéraire en montagne, mais une immersion lente dans un paysage brut, austère et profondément apaisant.

De cette traversée est né un film ambient, sans dialogue, qui laisse toute la place aux images, au vent, aux pas sur la roche et à la solitude. Voici le récit de ce voyage.


Jour 1 – Premiers pas et lumière dorée

Passo Rodella → Peitlerkofelgruppe → Val della Roa

Le départ se fait au Passo Rodella (1870 m). Très vite, je quitte les zones fréquentées pour entrer dans le massif du Peitlerkofelgruppe. L’automne colore déjà les prairies alpines, tandis que les sommets restent minéraux, presque sévères.

Je franchis la Forcella della Roa (2617 m) en fin de journée. Le soleil descend lentement et embrase les parois calcaires. Je plante la tente dans la Val della Roa, enveloppé par un silence total. La montagne se fige dans une lumière dorée, annonçant ce que sera ce voyage : lent, isolé, profondément sensoriel.


Jour 2 – Dormir au sommet

Peitlerkofelgruppe → Puezgruppe → Sass da Ciampac

Le deuxième jour me mène vers le Puezgruppe. Les paysages s’ouvrent, les crêtes s’allongent, et la sensation d’espace devient presque vertigineuse. Je monte jusqu’au Sass da Ciampac (2667 m) et choisis d’y camper.

Dormir sur un sommet est une expérience particulière. Le vent ne s’arrête jamais vraiment, la température chute rapidement, mais le sentiment d’être suspendu entre ciel et roche est incomparable. La nuit est claire, froide, silencieuse.


Jour 3 – Brouillard, neige et refuges fermés

Sass da Ciampac → Passo Gardena → Gruppo del Sella

Je redescends vers le Passo Gardena (2121 m) avant de remonter dans le Gruppo del Sella. Le temps se dégrade. Le brouillard m’engloutit progressivement, puis la neige apparaît. Les repères disparaissent, le paysage devient abstrait.

Je passe le Refugio Franco Cavazza al Piscidù (2587 m), fermé. Plus loin, je continue vers le Refugio Boè, également fermé. Je traverse cette portion sans croiser une seule personne. La montagne est vide, presque hostile, mais d’une beauté brute. Chaque pas demande de l’attention. Chaque décision compte.


Jour 4 – Changement de plan sous la Marmolada

Passo Pordoi → Gruppo della Marmolada → Malga Ciapela

Le ciel se dégage enfin. Je descends au Passo Pordoi, puis me déplace vers le Groupe de la Marmolada, le plus haut massif des Dolomites. Mon itinéraire initial est malheureusement fermé à cause d’importantes avalanches survenues l’été précédent.

Il faut improviser. Plan B : départ depuis Malga Ciapela et montée vers le Pas de Ombreta (2702 m), sur la face arrière de la Marmolada. J’atteins le Bivacco Marco Dal Bianco, petit refuge non gardé, accroché à la montagne. La nuit se passe au plus près du géant de glace.


Jour 5 – Ombreta Orientale et chemins anciens

Trail E650 → Ombreta Orientale → Passo de le Cirèle → Passo San Pellegrino

La journée commence sur le sentier E650, raide et sauvage. J’atteins le sommet de l’Ombreta Orientale (3011 m), à plus de 3000 mètres. Le panorama est immense, presque irréel.

Je rejoins ensuite l’itinéraire de l’Alta Via 2, passe par le Passo de le Cirèle (2683 m), puis redescends vers le Passo San Pellegrino. La fatigue est bien présente, mais le corps s’adapte, trouve son rythme.


Jour 6 – Un bivouac rouge dans une vallée cachée

Passo Valles → Forcella Margherita → Passo delle Farangole

Depuis le Passo Valles, je poursuis sur l’AV2, franchissant la Forcella Margherita (2655 m) puis le spectaculaire Passo delle Farangole (2814 m). Les paysages deviennent plus sauvages, plus isolés encore.

Je passe la nuit au Bivacco Giorgio Brunner, une petite structure rouge, perdue dans une vallée discrète. Ici, aucun bruit humain. Seulement le vent et le craquement de la montagne.


Jour 7 – Le plateau froid des Pale di San Martino

Refugio Rosetta → Refugio Pradidali → Plateau

Je rejoins à nouveau l’AV2, passe le Refugio Rosetta puis le Refugio Pradidali, avant d’entrer dans le massif des Pale di San Martino, au cœur du parc naturel.

Je tente d’atteindre un bivouac, mais découvre qu’il n’est accessible que par une voie d’escalade. Il faut renoncer. Je finis par bivouaquer sur le plateau, exposé, froid, immense. La nuit est rude, mais profondément marquante.


Jour 8 – Descente vers la vallée

Passo delle Lede → Val Canali

Je traverse le Passo delle Lede et redescends vers la Val Canali. Après plusieurs jours en altitude, la vallée semble presque étrangère. Les arbres, les routes, la présence humaine réapparaissent doucement.

Je prends ensuite la route vers un dernier lieu emblématique.


Jour 9 – Les Tre Cime, conclusion minérale

Tre Cime (Dreizinnen)

Je termine cette aventure aux Tre Cime di Lavaredo (Dreizinnen). Malgré leur popularité en été, l’automne leur rend une certaine solitude. Je passe ma dernière nuit au-dessus du Dreizinnenhütte, sur le Sasso di Sesto (2539 m).

Ces trois tours de pierre se dressent comme une conclusion parfaite : puissantes, silencieuses, intemporelles.


Un film ambient, sans paroles

De cette traversée est né un film sans dialogue, pensé comme une expérience contemplative. Il ne raconte pas, il laisse ressentir.

Chapitres du film :

  • 0:00 – Drone intro

  • 1:09 – Jour 1 : Coucher de soleil doré

  • 2:59 – Jour 2 : Camping au sommet

  • 7:15 – Jour 3 : Brouillard et neige vers un refuge fermé

  • 11:28 – Jour 4 : Bivouac au pied du plus haut sommet des Dolomites

  • 17:02 – Jour 5 : Dormir dans une chapelle

  • 20:29 – Jour 6 : Bivouac rouge dans une vallée cachée

  • 24:54 – Jour 7 : Bivouac sauvage sur le plateau du Passo San Pellegrino

  • 29:25 – Jour 8 : En route vers les Tre Cime

  • 32:47 – Jour 9 : Tre Cime (Dreizinnen)


Marcher seul en automne dans les Dolomites, c’est accepter l’imprévu, le froid, le silence — et recevoir en échange une montagne plus vraie, plus nue, plus intime.

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