Description :
Le passage le plus délicat du K2 se situe sur l’éperon des Abruzzes, l’itinéraire classique menant au sommet. Il s’agit du Bottleneck, un couloir étroit et raide, perché à environ 8 200 mètres, juste sous la pyramide sommitale. À cette altitude extrême, chaque pas coûte cher, chaque décision peut être irréversible.
un couloir sous une épée de glace
Le Bottleneck est dominé par un sérac gigantesque, suspendu au-dessus des alpinistes. Ce mur de glace instable peut s’effondrer sans aucun signe avant-coureur. Le passage se fait donc littéralement sous une menace permanente, ce qui en fait l’un des endroits les plus dangereux de l’alpinisme mondial.
pente raide et exposition maximale
La pente atteint 50 à 60°, souvent en glace vive, parfois recouverte d’une fine couche de neige inconsistante. Les cordes fixes, lorsqu’elles existent, sont souvent usées, gelées ou mal positionnées. Une chute ici est presque toujours fatale, car elle entraîne une longue glissade incontrôlable dans la face.
altitude extrême et lucidité réduite
À plus de 8 000 mètres, les corps sont en zone de mort. L’oxygène se fait rare, la fatigue est écrasante, et la lucidité chute dangereusement. Le Bottleneck se franchit généralement à la descente, moment où les forces sont déjà entamées et où la concentration faiblit.
météo et timing impitoyables
Sur le K2, la météo change brutalement. Un vent soudain, une chute de température ou un nuage mal placé peuvent transformer le Bottleneck en piège mortel. Le timing est crucial : trop tôt, la glace est trop dure ; trop tard, le soleil fragilise le sérac.
un passage devenu symbole du danger du k2
Plusieurs drames majeurs de l’histoire du K2, notamment en 2008, se sont déroulés dans ou autour du Bottleneck. Ce passage incarne la réputation du K2 : une montagne techniquement exigeante, imprévisible, et bien plus dangereuse que l’Everest.
👉 En clair : le Bottleneck n’est pas seulement un passage technique, c’est une épreuve mentale absolue, où l’alpiniste accepte consciemment d’évoluer sous un danger incontrôlable. C’est là que le K2 rappelle, sans concession, qu’il ne pardonne aucune erreur.

