Comment préparer son matériel avant un long trek
Partir en trek, c’est s’offrir une parenthèse hors du temps, loin du bruit et de l’agitation. Mais pour que cette aventure reste gravée dans votre mémoire pour les bonnes raisons, la préparation de votre équipement doit être minutieuse et réfléchie. Un sac mal organisé, un matériel inadapté ou défectueux peut transformer un rêve en cauchemar. Vous imaginez vous retrouver à 3 000 mètres d’altitude avec des chaussures qui vous blessent ou une tente qui prend l’eau ? 🏔️
La préparation matérielle ne s’improvise pas. Elle commence plusieurs semaines avant le départ et nécessite une attention particulière à chaque détail. Que vous partiez sur le GR20 en Corse, le chemin de Compostelle ou dans l’Himalaya, votre équipement sera votre meilleur allié. Voici comment le préparer comme un pro.
Anticiper et tester son équipement plusieurs semaines à l’avance
La règle d’or en trekking : ne jamais partir avec du matériel neuf non testé. Cette erreur classique a gâché bien des aventures. Vos chaussures de randonnée neuves vous semblent confortables en magasin ? Attendez de les porter durant 20 kilomètres avec un sac de 12 kilos sur le dos pour vraiment le savoir.
Commencez par sortir tout votre équipement et dressez une liste exhaustive. Notez l’état de chaque élément, sa date d’achat si vous la connaissez, et prévoyez des sorties test au moins trois semaines avant le grand départ. Ces randonnées d’entraînement servent un double objectif : tester votre condition physique et valider votre matériel dans des conditions réelles.
Pendant ces sorties, portez exactement les vêtements et chaussures que vous comptez emporter. Remplissez votre sac avec le poids prévu. Marchez sur différents terrains, par temps sec et humide si possible. C’est le moment d’identifier les points de friction, les coutures qui grattent, les sangles mal positionnées. Un détail insignifiant chez vous devient une torture après plusieurs jours de marche. Prenez des notes après chaque sortie : ce système d’hydratation fuit-il ? Ces bâtons sont-ils assez stables ? Cette veste respire-t-elle suffisamment ?
Vérifier méticuleusement l’état du matériel existant
Votre équipement a déjà servi lors de précédentes aventures ? Parfait, mais ne partez pas du principe qu’il est encore opérationnel. Le temps et les conditions météorologiques dégradent progressivement les tissus techniques, les coutures et les membranes imperméables. ✨
Inspecter les équipements textiles et techniques
Sortez votre tente et montez-la dans votre jardin ou salon. Examinez chaque couture, vérifiez l’état des fermetures éclair, testez les arceaux. Les toiles se fragilisent avec le temps, surtout si elles ont été rangées humides. Contrôlez l’enduction imperméable : si l’eau ne perle plus à la surface, un traitement déperlant s’impose. Vérifiez aussi que tous les sardines et haubans sont présents et en bon état.
Votre sac de couchage mérite la même attention. Déployez-le complètement et cherchez les plumes qui s’échappent ou les zones de garnissage clairsemées. Un duvet mal entretenu perd jusqu’à 30% de son pouvoir isolant. Si vous possédez un sac synthétique, examinez les zones compressées qui ne reprennent plus leur volume initial. Lavez-le selon les recommandations du fabricant et laissez-le sécher complètement avant de partir.
Les vêtements techniques nécessitent également un contrôle rigoureux. Vos couches imperméables et coupe-vent doivent être testées sous la douche si nécessaire. Les membranes Gore-Tex ou équivalentes perdent leur efficacité après environ 80 à 100 jours d’utilisation intensive. Réactivez la déperlance avec un produit adapté ou un passage au sèche-linge à basse température.
Contrôler les éléments de sécurité et d’orientation
Votre lampe frontale fonctionne-t-elle correctement ? Remplacez systématiquement les piles, même si elles semblent encore bonnes. Emportez un jeu de rechange. Vérifiez que tous les modes d’éclairage fonctionnent et que l’élastique n’est pas détendu. Une frontale qui glisse constamment devient vite insupportable.
Votre réchaud demande un test complet. Allumez-le et observez la flamme : elle doit être bleue et stable, pas jaune et dansante. Nettoyez les injecteurs avec une aiguille fine si nécessaire. Vérifiez l’état des joints et des connexions. Testez le temps nécessaire pour faire bouillir un litre d’eau, cela vous donnera une idée de votre consommation réelle de gaz. 🔥
Organiser son sac avec méthode et efficacité
Le paquetage d’un sac de trekking est un art qui s’apprend avec l’expérience. Un sac bien organisé vous fait gagner du temps, de l’énergie et préserve votre dos. La répartition du poids influence directement votre confort de marche et votre stabilité sur terrain difficile.
Commencez par tout étaler au sol et regroupez les objets par catégorie d’utilisation : bivouac, cuisine, vêtements, hygiène, secours. Pesez votre sac vide, puis chaque catégorie. L’objectif est de ne pas dépasser 15 à 18% de votre poids corporel, sac compris. Une personne de 70 kilos devrait idéalement porter entre 10 et 12 kilos maximum pour un trek de plusieurs jours.
Le principe de rangement est simple mais efficace : les éléments lourds au centre et près du dos, au niveau des omoplates. C’est là que vous placerez votre tente, votre réchaud, votre nourriture. Le bas du sac accueille le duvet et les vêtements de rechange, légers mais volumineux. En haut, les vêtements chauds et la veste imperméable que vous pourriez enfiler rapidement. Les poches latérales reçoivent la gourde, les barres énergétiques et tout ce qui doit rester accessible. 🎒
Utilisez des sacs de compression ou des pochons étanches de couleurs différentes. Rouge pour la cuisine, bleu pour les vêtements, vert pour la trousse de toilette par exemple. Ce système vous évite de tout déballer chaque soir pour retrouver votre brosse à dents. Glissez les objets pointus ou fragiles au centre, protégés par des vêtements.
Constituer une pharmacie et un kit de réparation adaptés
On n’y pense jamais assez, pourtant ces deux éléments peuvent sauver votre trek. Une ampoule mal soignée vous empêche de marcher. Une fermeture éclair cassée sur votre tente vous expose au froid et aux insectes. Ces situations arrivent plus souvent qu’on ne le croit.
Votre trousse de premiers secours doit contenir :
- Pansements hydrocolloïdes spécial ampoules (Compeed ou équivalent), bien plus efficaces que les pansements classiques
- Désinfectant et compresses stériles pour nettoyer plaies et égratignures
- Anti-inflammatoires et antalgiques pour gérer douleurs musculaires et maux de tête
- Bande élastique et pansements de contention pour les entorses éventuelles
- Traitement contre les troubles digestifs, fréquents avec le changement d’alimentation
- Protection solaire et stick à lèvres haute protection, même en altitude l’hiver
- Vos traitements personnels en quantité suffisante plus une marge de sécurité
Le kit de réparation ne pèse presque rien mais rend d’immenses services. Incluez du fil résistant et une aiguille solide, du ruban adhésif type duct tape (enroulé autour d’un bâton de marche pour gagner de la place), quelques sardines de rechange, un bout de cordelette, un tube de colle forte et des épingles à nourrice. Pour les trekkeurs utilisant des réchauds à gaz, une clé multifonction et des joints de rechange peuvent s’avérer précieux. 🛠️
Adapter son équipement à la destination et à la saison
Un trek en Islande en juillet ne se prépare pas comme une traversée du Maroc en avril. Le climat, l’altitude, la durée d’ensoleillement et l’accès à l’eau conditionnent vos choix matériels. Cette adaptation est fondamentale pour votre sécurité et votre confort.
Renseignez-vous précisément sur les conditions météorologiques moyennes à la période où vous partez. Consultez des blogs de randonneurs qui ont fait le même itinéraire récemment. Les forums spécialisés regorgent d’informations concrètes. Attention aux moyennes climatiques trompeuses : dans l’Himalaya, les températures peuvent chuter brutalement de 30 degrés entre jour et nuit, même en saison favorable.
Pour les treks d’altitude au-dessus de 3 500 mètres, prévoyez des couches supplémentaires, un duvet plus chaud (confort -10°C minimum) et une protection maximale contre le vent. Le soleil tape fort : lunettes catégorie 4 et crème solaire indice 50+ sont indispensables. L’air sec déshydrate rapidement, doublez votre capacité de portage d’eau.
En milieu tropical ou équatorial, privilégiez les tissus à séchage rapide et très respirants. L’humidité constante complique le séchage du linge et favorise les mycoses. Emportez une moustiquaire imprégnée si vous bivouaquez, plus quelques sachets de gel de silice pour protéger électronique et documents. Un poncho long vous protégera mieux qu’une simple veste de pluie en ambiance très humide. 🌍
Préparer sa logistique alimentaire et hydratation
L’eau et la nourriture représentent souvent le poids le plus important dans votre sac. Une gestion intelligente de cette logistique améliore considérablement votre confort de portage. Sur un trek de cinq jours en autonomie complète, l’alimentation peut facilement atteindre 4 à 5 kilos.
Calculez vos besoins caloriques quotidiens : comptez entre 3 000 et 4 000 calories par jour de marche avec dénivelé. Privilégiez les aliments à haute densité énergétique qui pèsent peu : fruits secs, oléagineux, chocolat, barres énergétiques, lyophilisés. Le rapport poids/calories est votre meilleur indicateur. Évitez les conserves trop lourdes et les fruits frais qui s’abîment vite.
Organisez vos rations par jour dans des sachets distincts. Cela simplifie la gestion et vous savez exactement où vous en êtes. Chaque soir, vous prenez le sachet du lendemain sans devoir fouiller. Incluez petit-déjeuner, déjeuner, dîner plus des en-cas pour la journée. Testez vos repas lyophilisés à la maison : certains sont excellents, d’autres franchement décevants.
Pour l’hydratation, évaluez la disponibilité de l’eau sur votre parcours. En zone aride, vous devrez porter plusieurs litres. Investissez dans un système de filtration portable ou des pastilles de purification. Une poche à eau intégrée au sac est plus pratique que des gourdes, elle vous encourage à boire régulièrement. Nettoyez-la soigneusement avant et après chaque utilisation pour éviter le développement de bactéries. 💧
Finaliser les derniers détails avant le départ
Les derniers jours avant de partir sont cruciaux. C’est le moment de peaufiner les détails qui font la différence. Rechargez tous vos appareils électroniques et batteries externes. Téléchargez les cartes hors ligne de votre itinéraire sur votre smartphone. Vérifiez une dernière fois que vous avez tous vos documents : pièce d’identité, permis de trek si nécessaire, assurance voyage, coordonnées des secours locaux.
Prévenez vos proches de votre itinéraire précis et de vos dates de retour. Laissez-leur un document avec les coordonnées d’urgence et votre parcours détaillé. Cette précaution peut sauver des vies en cas de problème. Certains pays exigent un enregistrement auprès des autorités locales avant d’entamer certains treks, renseignez-vous.
Faites une dernière pesée complète de votre sac. Si vous dépassez largement vos objectifs, c’est le moment de faire des choix difficiles. Posez-vous pour chaque objet : en ai-je vraiment besoin ? Existe-t-il une version plus légère ? Puis-je partager cet équipement avec un compagnon de route ? Les randonneurs expérimentés savent qu’on emporte toujours trop la première fois.
Conditionnez votre matériel de manière à passer les contrôles de sécurité si vous prenez l’avion. Couteau, réchaud et cartouches de gaz doivent voyager en soute. Renseignez-vous sur les restrictions spécifiques de votre compagnie aérienne concernant le matériel de camping. Certains interdisent purement et simplement les réchauds même vides. ✈️
FAQ : Questions fréquentes
Combien de temps avant le départ dois-je commencer à préparer mon matériel ?
Idéalement, entamez la préparation 4 à 6 semaines avant votre départ. Cela vous laisse le temps de tester votre équipement en conditions réelles, d’identifier les manques, de commander ce qui vous fait défaut et de faire réparer ou remplacer le matériel défectueux. Pour un premier grand trek, prévoyez même 8 semaines afin d’apprivoiser votre équipement progressivement.
Comment savoir si mon sac est trop lourd ?
La règle générale conseille de ne pas dépasser 15 à 20% de votre poids corporel, sac complet avec eau et nourriture. Au-delà, vous risquez fatigue excessive, douleurs dorsales et problèmes articulaires. Faites un test simple : chargez votre sac et marchez une heure avec dénivelé. Si vous êtes déjà épuisé ou que votre dos souffre, c’est trop lourd. Chaque gramme économisé améliore votre expérience de trek.
Faut-il vraiment tester ses chaussures avant de partir ?
Absolument, c’est même la priorité numéro un. Des chaussures neuves non rodées provoquent quasi systématiquement des ampoules douloureuses qui peuvent compromettre votre trek. Portez-les au minimum 50 kilomètres avant le grand départ, avec le poids que vous porterez réellement. Cela assouplit le cuir ou le synthétique et permet à votre pied de s’adapter. C’est le meilleur investissement temps que vous puissiez faire.
Que faire si je découvre un problème matériel la veille du départ ?
Restez calme et évaluez la gravité. Pour un équipement essentiel défaillant (chaussures, tente, sac de couchage), trouvez une solution de remplacement quitte à louer ou emprunter. Pour du matériel secondaire, improvisez ou faites sans. Contactez d’autres randonneurs sur les forums spécialisés, beaucoup sont prêts à prêter du matériel. En dernier recours, achetez sur place si votre destination le permet, mais ce n’est jamais l’idéal.

