Description :
La Esfinge, Karma de Cóndores et le Vallunaraju
Dans les Andes, les montagnes ne sont pas de simples masses de roche et de glace. Elles sont des êtres vivants. Des esprits anciens. Des gardiens.
On les appelle APUS.
Le mot vient du quechua apu, qui signifie « seigneur » ou « chef ». Depuis l’époque préincaïque, de nombreux peuples andins — au Pérou, en Bolivie, en Équateur et au Chili — considèrent certaines montagnes comme des entités vivantes, dotées d’une conscience et d’une influence directe sur les cycles de la vie : le climat, l’eau, les récoltes, la santé et même le destin des hommes.
C’est dans cet univers chargé de sens, de verticalité et de silence que s’inscrit cette aventure : deux semaines au cœur des Andes péruviennes, autour de la Cordillère Blanche, dans la région de Huaraz.
Deux semaines entre roche, glace et chemins infinis
Dans ce nouvel épisode de AnswerIsClimbing, nous accompagnons Felipe Nieto et Camila Llanos dans un voyage où l’escalade devient un moyen de dialogue avec la montagne.
Un périple intense, physique et profondément humain, au fil de paysages grandioses et de sommets mythiques.
La Cordillère Blanche n’est pas une chaîne de montagnes comme les autres. C’est la plus haute chaîne tropicale du monde, un lieu où les glaciers côtoient les parois de granit, où les vallées verdoyantes s’ouvrent sur des murailles verticales, et où chaque pas rappelle l’importance du respect et de l’humilité.
Ici, tout est plus grand :
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l’altitude,
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les distances,
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le silence,
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et parfois aussi les doutes.
La Esfinge : la cathédrale de granit
Impossible de parler d’escalade à Huaraz sans évoquer La Esfinge.
Cette immense paroi de granit, dressée dans la vallée de Parón, est devenue au fil des années une véritable légende mondiale.
Vertigineuse, esthétique, intimidante, La Esfinge n’est pas seulement un défi technique. Elle impose une présence. On ne la « consomme » pas. On l’approche avec prudence, avec respect, conscient de sa place minuscule face à cette masse de pierre millénaire.
Sur ses faces abruptes, chaque longueur est une leçon :
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gestion de l’effort en altitude,
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concentration extrême,
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adaptation constante aux conditions changeantes.
La roche est exceptionnelle, mais exigeante. L’engagement est total. Et au sommet, le regard se perd dans l’immensité andine.
Karma de Cóndores : escalader sous le regard des esprits
Moins connue mais tout aussi marquante, Karma de Cóndores porte un nom qui résonne comme une prophétie.
Ici, l’escalade devient presque méditative.
Les condors planent parfois au-dessus des grimpeurs, rappelant l’importance spirituelle de ces lieux. Dans la cosmovision andine, le condor est un messager entre le monde des hommes et celui des dieux.
Sur ces parois, le temps semble ralentir. Chaque mouvement est pesé. Chaque décision compte.
L’altitude se fait sentir, le souffle se raccourcit, le corps s’adapte lentement… et l’esprit apprend à écouter.
Vallunaraju : là où l’alpinisme rencontre l’introspection
Le Vallunaraju, avec son sommet enneigé culminant à plus de 5 600 mètres, offre une autre facette de l’aventure : celle de l’alpinisme.
Ici, la roche laisse place à la neige et à la glace. Le rythme change. Les journées commencent tôt, dans le froid et l’obscurité. Les crampons crissent sur la neige dure, la respiration devient plus profonde, plus consciente.
Atteindre le sommet n’est pas seulement une performance physique. C’est un chemin intérieur.
La montagne met chacun face à ses limites, à sa fatigue, à ses peurs… mais aussi à une forme de clarté rare, que seule l’altitude peut offrir.
L’altitude : un défi pour le corps et l’esprit
À plus de 4 000 mètres, rien n’est jamais acquis.
Le corps lutte pour s’adapter. Les nuits sont parfois courtes, le sommeil léger. Les maux de tête, la perte d’appétit et la fatigue font partie du voyage.
Mais l’altitude est aussi un miroir. Elle oblige à ralentir, à écouter ses sensations, à respecter ses propres limites. Elle enseigne la patience et l’humilité — des valeurs essentielles, en montagne comme dans la vie.
Fredy et la sagesse des Andes
Tout au long de cette aventure, Fredy accompagne le groupe. Plus qu’un guide, il est un passeur de culture et de sens.
À travers ses paroles et son expérience, il rappelle que ces montagnes ne sont pas de simples terrains de jeu.
Elles sont sacrées.
Elles méritent respect, gratitude et conscience.
Marcher, grimper et bivouaquer dans les Andes, c’est accepter de faire partie d’un équilibre fragile, façonné par des siècles de traditions et de croyances.
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