The Long Wall – La plus longue voie d’escalade du monde

The Long Wall – La plus longue voie d’escalade du monde

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Description :

Avez-vous déjà pris le temps de vous demander quelle est la plus longue voie d’escalade du monde ?
La question semble simple, mais la réponse, elle, est totalement contre-intuitive.

Quand on pense aux records de grandeur en escalade, l’imaginaire collectif se tourne naturellement vers les grandes faces mythiques. Le regard s’envole vers les parois démesurées de Baffin Island, où le mont Thor déploie ses 1 250 mètres de mur vertical presque ininterrompu. Ou encore vers le Pakistan, sur les Trango Towers, où l’arête Azeem s’élève sur plus de 2 200 mètres de granit austère et engagé.

Ces itinéraires sont titanesques. Impressionnants. Légendaires.
Et pourtant… aucun d’entre eux ne détient le record.

Une autre idée de la grandeur

La plus longue voie d’escalade du monde ne se mesure pas en hauteur verticale, mais en distance parcourue sur la roche. Elle ne cherche pas à conquérir le ciel, mais à embrasser la paroi dans toute sa largeur.

Et c’est précisément là que surgit un record aussi improbable que fascinant.

Au cœur des collines verdoyantes de l’État de New York, loin des glaciers arctiques et des sommets himalayens, se trouve une falaise de quartzite mondialement connue : les Shawangunks, plus simplement appelés les Gunks.

Les Gunks : berceau de l’escalade américaine

Les Gunks occupent une place à part dans l’histoire de l’escalade. Considérés comme le berceau de l’escalade américaine, ils ont vu naître une culture unique faite d’audace, d’éthique stricte, de coinceurs coincés à jamais et de mouvements improbables au-dessus du vide.

La falaise n’est pas particulièrement haute — rarement plus de 90 mètres — mais elle s’étend sur une longueur exceptionnelle. Une muraille naturelle, continue, sculptée de fissures, de toits et de traversées aériennes.

Et c’est cette géographie si particulière qui a donné naissance à une idée complètement folle.

The Great Wall of China : une ligne absurde et géniale

En 1987, deux grimpeurs — Dan Rosanstein et Ken Nichols — décident de rêver grand. Très grand.
Leur projet ? Relier bout à bout des dizaines de longueurs existantes et en créer de nouvelles afin de traverser l’intégralité de la falaise.

Ainsi naît The Great Wall of China, plus connue aujourd’hui sous le nom de The Long Wall.

Une voie unique en son genre :
👉 plus de 9 000 pieds de grimpe, soit près de 2,7 kilomètres, non pas vers le haut… mais horizontalement.

Une épopée de traversées

Contrairement aux grandes faces alpines où l’engagement vient de l’exposition et de l’altitude, The Long Wall propose un défi d’un autre ordre. Ici, pas de bivouac suspendu ni de tempête de neige, mais :

  • une continuité mentale éprouvante,

  • une gestion constante du frottement,

  • des relais improbables,

  • et une progression interminable sur des sections parfois banales, parfois sublimes.

Le crux ?
Il n’est pas toujours technique.

Parfois, ce sont les rashes de peau causées par le frottement incessant.
Parfois, ce sont les insectes, omniprésents en été.
Parfois, ce sont les randonneurs et promeneurs de chiens, observant ces grimpeurs couverts de magnésie comme s’ils faisaient partie du paysage.

Une voie à l’image de l’escalade “dirtbag”

The Long Wall n’est pas une voie de prestige au sens classique.
Elle ne promet ni gloire médiatique, ni photos spectaculaires au sommet d’un pic isolé.

Elle incarne autre chose :
👉 l’esprit pur de l’escalade.

Un mélange de créativité, d’humour, d’obsession et de résistance mentale. Une ligne qui existe parce que quelqu’un a osé se demander : “Et si on allait jusqu’au bout ?”

Un rêve démesuré

Un rêve.
Deux dirtbags.
9 000 pieds d’escalade.

The Long Wall est moins un exploit sportif qu’un manifeste. Elle rappelle que les records les plus marquants ne sont pas toujours ceux qui pointent vers le ciel, mais ceux qui redéfinissent notre manière de regarder la roche.

Dans un monde obsédé par la verticalité, cette voie nous invite à penser autrement. À explorer. À jouer. À traverser.

Et peut-être est-ce là sa plus grande réussite.

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