Description :
La Suisse n’est pas seulement un pays de cartes postales, de trains ponctuels et de chocolats raffinés. Pour les grimpeurs du monde entier, elle représente avant tout un véritable paradis du multi-longueurs, un terrain de jeu vertical où l’histoire de l’alpinisme rencontre l’escalade moderne. C’est aussi le pays qui a vu naître et grandir Cédric Lachat, figure emblématique de l’escalade suisse, dont l’énergie communicative, l’humour singulier et la passion débordante servent de fil conducteur à un voyage spectaculaire à travers les plus beaux murs du pays.
À travers cinq massifs mythiques — l’Eiger, les Gastlosen, les Wendenstöcke, Lauterbrunnen et le Rätikon — le film nous plonge dans l’essence même de l’escalade alpine : engagement, esthétique, héritage et évolution.
Une terre façonnée pour l’escalade
La géographie suisse est une bénédiction pour les grimpeurs. Calcaire sculpté, granite compact, parois vertigineuses et vallées profondes composent un décor à la fois exigeant et majestueux. Ici, le multi-longueurs n’est pas une discipline marginale : c’est une culture, presque une tradition nationale.
Les itinéraires parcourus dans le film illustrent parfaitement cette diversité. Chaque massif possède sa personnalité, son style de grimpe, son ambiance unique. Ensemble, ils forment une mosaïque qui raconte l’histoire de l’escalade suisse, de l’alpinisme classique à la performance sportive moderne.
L’Eiger : la légende à l’état brut
Impossible de parler d’escalade en Suisse sans évoquer l’Eiger, et plus particulièrement sa face nord, symbole ultime de l’engagement alpin. Chargée d’histoire, de drames et d’exploits, cette montagne impose le respect. Y grimper, même sur des itinéraires modernes, c’est dialoguer avec le passé.
Les images montrent une escalade intense, où la difficulté technique se mêle à une ambiance austère et solennelle. Ici, chaque mouvement rappelle que la montagne ne se laisse jamais totalement dompter.
Gastlosen : l’élégance du calcaire
Surnommées parfois les « Dolomites suisses », les Gastlosen offrent une escalade plus aérienne, presque ludique, mais tout aussi exigeante. Les arêtes découpées et les murs sculptés invitent à une grimpe fluide, esthétique, où le plaisir du mouvement est central.
C’est dans ce décor que l’enthousiasme de Cédric Lachat s’exprime pleinement. Son humour et sa joie de grimper contrastent avec la verticalité impressionnante des parois, rappelant que l’escalade est avant tout une aventure humaine.
Wendenstöcke : le temple du granit exigeant
Les Wendenstöcke sont réputés pour leur granite raide, compact et souvent impitoyable. Ici, pas de repos facile ni de prises évidentes. La grimpe est physique, mentale, parfois déroutante.
Les images de passages en 8a et au-delà témoignent de l’évolution du niveau en terrain d’aventure. Là où les pionniers osaient autrefois avec un équipement minimal, les grimpeurs d’aujourd’hui repoussent les limites techniques tout en restant profondément connectés à l’engagement originel de ces parois.
Lauterbrunnen : la vallée des falaises infinies
La vallée de Lauterbrunnen est un monde à part. Ses falaises gigantesques, tombant presque à la verticale dans le vide, créent une atmosphère presque irréelle. L’escalade y est spectaculaire, parfois intimidante, toujours mémorable.
Dans ce cadre grandiose, le film prend le temps de donner la parole aux premiers ouvreurs, qui racontent l’évolution du matériel et des mentalités. Des pitons martelés à la main aux spits modernes, de l’alpinisme traditionnel à l’escalade sportive, c’est toute une philosophie qui a changé — sans pour autant perdre son âme.
Rätikon : la frontière entre tradition et modernité
Situé à la frontière entre la Suisse, l’Autriche et le Liechtenstein, le Rätikon incarne parfaitement la transition entre deux époques. On y trouve des voies historiques, engagées, mais aussi des lignes modernes, équipées pour le libre à haut niveau.
Les témoignages soulignent cette continuité : chaque génération s’appuie sur l’héritage de la précédente pour aller un peu plus loin, un peu plus haut. L’escalade n’efface pas son passé, elle le transforme.
De l’alpinisme à l’escalade sportive : une évolution racontée de l’intérieur
L’un des grands points forts du film réside dans les échanges avec les premiers ascensionnistes. Leurs récits donnent une profondeur rare aux images spectaculaires. Ils parlent d’une époque où l’incertitude faisait partie intégrante de l’aventure, où le matériel était lourd, peu fiable, et où l’engagement était total.
Aujourd’hui, si les protections ont évolué et les cotations explosé, l’essence reste la même : lire la roche, faire confiance à son corps, accepter le risque et savourer l’instant.
Un hommage vibrant à l’escalade suisse
Porté par la personnalité attachante de Cédric Lachat, ce voyage vertical est bien plus qu’un simple film d’escalade. C’est une déclaration d’amour à la montagne, à ses acteurs passés et présents, et à cette Suisse verticale qui continue de faire rêver les grimpeurs du monde entier.
Que l’on soit grimpeur aguerri, amateur de beaux paysages ou simple curieux, on ressort de cette immersion avec une envie irrésistible : chausser les chaussons, lever les yeux vers la paroi… et partir, à son tour, sur la voie suisse vers le paradis.

